L'épouvantail est là, immense, secoué par tous. Le pire, c'est que tous les arguments semblent tenir la route. Le calcul est imparable, si l'on veut continuer de payer les retraites à venir avec les moyens dont nous disposons, c'est impossible. Mais ce qui doit nous inquiéter au plus haut point, c'est que nous allons vivre plus longtemps. Alors...
Et si tout ça n'était qu'une histoire de profits...
Oh, pardon pour ce gros mots.

Bon, juste une pensée sur l'âge de la retraite.
Et si on arrêtait de confondre travail et activité ! Car au fond, ce qui inquiète ceux qui voit arriver la date butoir, je parle de ceux qui ne sont pas déjà au chômage parce qu'ils sont "trop vieux" ou "trop chers", ce n'est pas toujours une inquiétude sur les ressources, mais souvent une angoisse sur ce temps qui s'ouvre, déstructuré et vide. Et si les collectivités locales mettaient en place des structures où le savoir faire de ces gens là pouvait continuer de s'exprimer, à leur rythme, et pour l'élaboration, la conception, et la réalisation de projets utiles à la collectivité. Pas de salaires à leur verser, pas de charges. Le paradis quoi.

Ah, ils risquent de prendre le travail des salariés qui effectuaient ces travaux là !
Et bien, je ne suis pas sûr que ce soit encore le cas bien longtemps quand on écoute les discours des politiques qui veulent réduire encore et encore les budgets de fonctionnement.

Mais il y a pire dans tous ces discours alarmistes. Tous semblent ignorer que depuis le début des temps, l'être humain n'a fait que vivre plus longtemps, en dépensant de moins en moins d'énergie pour produire ce dont il avait besoin pour vivre, tout en travaillant moins lontemps et moins souvent. Et comment a-t-il fait pour réussir ce prodige. Il a utilisé son intelligence pour créer des machines, des outils, maintenant des robots, des intelligences artificielles, etc... faudrait-il s'en plaindre ? Sûrement pas et j'ose prétendre qu'au contraire, il faut s'en féliciter. Je ne suis pas pressé d'en finir avec la vie et je pense que vous non plus. Mais ce qu'il faut impérativement repenser, c'est notre rapport au temps et aux biens. L'argent, la monnaie ne doivent pas être autre chose qu'un moyen simple d'échanger.

La durée du temps de travail ne peut que se réduire, et c'est tant mieux. Pourquoi s'épuiser ou s'ennuyer à faire quelque chose qu'une mecanique pilotée rélaliserait tout aussi bien sans état d'âme. Pour se faire il suffit de se partager les afforts de conception, de réalisation, de distribution et d'entretien de cette machine. Pour le reste du temps, il y a : la natation, les ballades en montagne, le vélo, les voyages, l'écriture, la course à pied, la lecture, le cinéma, la voile, le chant, les.... Bon, je vous laisse imaginer la suite.