Oui, l'utopie ce serait de croire que tout va pouvoir continuer ainsi.
Certes, rien n'est prouvé quant au climat qui évolue. Il est vrai que les scientifiques eux-mêmes restent divisés sur les effets du CO2. Bien-sûr, il ne faut pas vouloir une régression du confort et personne n'a envie de revenir à l'âge de pierre. En fait, tout le monde serait presque d'accord pour penser que si tout pouvait continuer plus ou moins comme ça encore quelques milliers d'années, ce ne serait pas si mal. On essaierait d'améliorer le quotidien des plus démunis, on tenterait de développer quelques vaccins performants pour lutter contre les quelques fléaux qui déciment l'Afrique, et puis, au fur et à mesure, on arriverait à réduire un peu plus les inégalités entre les femmes et les hommes, entre les hommes et les hommes, et, avec de la chance, on comprendrait que l'existence ou la non existence d'un Dieu n'est qu'une affaire de personne, et sûrement pas de société.
Oui, mais... il ne faudrait pas oublier cette si jolie pensée d'Oppenheimer qui disait, en substance, que l'argent c'est comme l'eau de mer : plus on en boit, et plus on a soif. Tous les jours on remarque que les Profitionnaires (*) se gavent, que les Banquesters(*) nous plument, et que tous les réseaux du commerce et de l'industrie n'ont qu'une seule idée en tête, nous prouver que nous avons besoin de tel ou tel service, de tel ou tel produit, et qu'ils peuvent nous aider à nous le procurer. Enfin, à condition que nous ne soyons ni trop jeune, population pas encore établie, ni trop vieux, population qui risque de passer l'arme à gauche sans prévenir et donc sans avoir fini de payer.

Donc, il reste une frange exploitable à souhait. Elle a un travail, plus de trente ans, mais moins de cinquante, et elle consomme. Ben oui... mais ce qui est dommage, c'est que cette population coûte cher, parce qu'il faut la payer... Oh là là, ce n'est pas facile, surtout que cette population qu'il faut payer, beaucoup trop, peut-être remplacée avantageusement par une main d'œuvre que l'on trouve pas très loin, de l'autre côté du monde.

Le seul problème, c'est que dès qu'on licencie ces gens-là, on supprime du même coup les seules valeurs considérées comme sûres : vous vous rappelez, pas trop jeunes, pas trop vieux, avec un travail, donc un salaire, pas encore trop souvent malades...

Heu... et si on essayait de travailler moins longtemps.