Un monde gratuit

21 mai 2010

Repousser l'âge de la retraite.

L'épouvantail est là, immense, secoué par tous. Le pire, c'est que tous les arguments semblent tenir la route. Le calcul est imparable, si l'on veut continuer de payer les retraites à venir avec les moyens dont nous disposons, c'est impossible. Mais ce qui doit nous inquiéter au plus haut point, c'est que nous allons vivre plus longtemps. Alors...
Et si tout ça n'était qu'une histoire de profits...
Oh, pardon pour ce gros mots.

Bon, juste une pensée sur l'âge de la retraite.
Et si on arrêtait de confondre travail et activité ! Car au fond, ce qui inquiète ceux qui voit arriver la date butoir, je parle de ceux qui ne sont pas déjà au chômage parce qu'ils sont "trop vieux" ou "trop chers", ce n'est pas toujours une inquiétude sur les ressources, mais souvent une angoisse sur ce temps qui s'ouvre, déstructuré et vide. Et si les collectivités locales mettaient en place des structures où le savoir faire de ces gens là pouvait continuer de s'exprimer, à leur rythme, et pour l'élaboration, la conception, et la réalisation de projets utiles à la collectivité. Pas de salaires à leur verser, pas de charges. Le paradis quoi.

Ah, ils risquent de prendre le travail des salariés qui effectuaient ces travaux là !
Et bien, je ne suis pas sûr que ce soit encore le cas bien longtemps quand on écoute les discours des politiques qui veulent réduire encore et encore les budgets de fonctionnement.

Mais il y a pire dans tous ces discours alarmistes. Tous semblent ignorer que depuis le début des temps, l'être humain n'a fait que vivre plus longtemps, en dépensant de moins en moins d'énergie pour produire ce dont il avait besoin pour vivre, tout en travaillant moins lontemps et moins souvent. Et comment a-t-il fait pour réussir ce prodige. Il a utilisé son intelligence pour créer des machines, des outils, maintenant des robots, des intelligences artificielles, etc... faudrait-il s'en plaindre ? Sûrement pas et j'ose prétendre qu'au contraire, il faut s'en féliciter. Je ne suis pas pressé d'en finir avec la vie et je pense que vous non plus. Mais ce qu'il faut impérativement repenser, c'est notre rapport au temps et aux biens. L'argent, la monnaie ne doivent pas être autre chose qu'un moyen simple d'échanger.

La durée du temps de travail ne peut que se réduire, et c'est tant mieux. Pourquoi s'épuiser ou s'ennuyer à faire quelque chose qu'une mecanique pilotée rélaliserait tout aussi bien sans état d'âme. Pour se faire il suffit de se partager les afforts de conception, de réalisation, de distribution et d'entretien de cette machine. Pour le reste du temps, il y a : la natation, les ballades en montagne, le vélo, les voyages, l'écriture, la course à pied, la lecture, le cinéma, la voile, le chant, les.... Bon, je vous laisse imaginer la suite.

 

 

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02 avril 2010

L'utopie ce serait...

Oui, l'utopie ce serait de croire que tout va pouvoir continuer ainsi.
Certes, rien n'est prouvé quant au climat qui évolue. Il est vrai que les scientifiques eux-mêmes restent divisés sur les effets du CO2. Bien-sûr, il ne faut pas vouloir une régression du confort et personne n'a envie de revenir à l'âge de pierre. En fait, tout le monde serait presque d'accord pour penser que si tout pouvait continuer plus ou moins comme ça encore quelques milliers d'années, ce ne serait pas si mal. On essaierait d'améliorer le quotidien des plus démunis, on tenterait de développer quelques vaccins performants pour lutter contre les quelques fléaux qui déciment l'Afrique, et puis, au fur et à mesure, on arriverait à réduire un peu plus les inégalités entre les femmes et les hommes, entre les hommes et les hommes, et, avec de la chance, on comprendrait que l'existence ou la non existence d'un Dieu n'est qu'une affaire de personne, et sûrement pas de société.
Oui, mais... il ne faudrait pas oublier cette si jolie pensée d'Oppenheimer qui disait, en substance, que l'argent c'est comme l'eau de mer : plus on en boit, et plus on a soif. Tous les jours on remarque que les Profitionnaires (*) se gavent, que les Banquesters(*) nous plument, et que tous les réseaux du commerce et de l'industrie n'ont qu'une seule idée en tête, nous prouver que nous avons besoin de tel ou tel service, de tel ou tel produit, et qu'ils peuvent nous aider à nous le procurer. Enfin, à condition que nous ne soyons ni trop jeune, population pas encore établie, ni trop vieux, population qui risque de passer l'arme à gauche sans prévenir et donc sans avoir fini de payer.

Donc, il reste une frange exploitable à souhait. Elle a un travail, plus de trente ans, mais moins de cinquante, et elle consomme. Ben oui... mais ce qui est dommage, c'est que cette population coûte cher, parce qu'il faut la payer... Oh là là, ce n'est pas facile, surtout que cette population qu'il faut payer, beaucoup trop, peut-être remplacée avantageusement par une main d'œuvre que l'on trouve pas très loin, de l'autre côté du monde.

Le seul problème, c'est que dès qu'on licencie ces gens-là, on supprime du même coup les seules valeurs considérées comme sûres : vous vous rappelez, pas trop jeunes, pas trop vieux, avec un travail, donc un salaire, pas encore trop souvent malades...

Heu... et si on essayait de travailler moins longtemps.

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22 février 2010

Une idée qui vaut de l'Or.

"Un monde gratuit", c'est le titre de ce blog, mais c'est aussi le titre du roman que j'ai écrit et que vous pouvez lire en ligne ou télécharger sur le site "inlibroveritas" dont l'accès est précisé dans la colonne de droite. Le héros de ce roman, entouré d'amis, se prend à rêver d'un monde où les besoins essentiels des hommes seraient satisfaits et mis à leur disposition "gratuitement". Ce héros s'attelle à la lourde tâche de faire connaître ses idées en donnant des conférences, d'une part, mais aussi en rédigeant un essai. C'est sur  cet essai que  je travaille actuellement.

Il se trouve qu'entre temps j'ai entendu parler du travail de la fondation France-libertés. Mais ce qui m'a enthousiasmé, c'est la superbe idée qu'ils ont eu de créer une association appelée "les porteurs d'eau", association qui a pour objectif de défendre le principe absolu et vital de la gratuité de l'eau pour chaque être vivant tout au long de sa vie. Il est incontestable que c'est bien là le premier bien, avec l'air que nous respirons, qui est indispensable à la vie. Si, pour l'instant, l'air reste en libre accès, même si la pollution n'est pas également répartie, il est de plus en plus fréquent de voir des pays détourner l'eau des rivières qui traversent leur territoire au point d'en priver ceux qui se trouve en aval. On voit également de nombreuses sociétés privées s'approprier l'eau potable pour mieux la revendre. C'est donc contre ces abus insupportables que se battent "les porteurs d'eau". Je vous invite à aller voir ce site très intéressant et surtout à les soutenir dans leur combat en signant les deux pétitions qu'ils proposent.

(le lien se trouve dans la rubrique "allez voir") 

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03 juillet 2008

Une drôle d'émotion

Je viens de suivre l'émission de Nicolas Hulot au cours de laquelle il a rencontré les indiens Zo'é d'Amazonie. Cette tribu encore coupée du monde en 1970 est protégée et continue de vivre à peu près comme à ses origines.

Mais quel rapport avec la gratuité que je préconise comme une solution d'avenir ?

Et bien ce qui m'a particulièrement sidéré, c'est qu'à un moment on apprend que pour vivre, les différents individus de la tribu consacre en moyenne deux heures de leur journée. Le reste du temps ils jouent, pensent, dorment, profite du temps et de leur vie. Immédiatement j'ai fait le rapprochement avec le titre d'un livre éditer au seuil et rédigé par le groupe ADRET et qui s'intitulait justement "Travailler deux heures par jour". Ce livre, déjà à l'époque, jetait les bases d'une réflexion sur le nécessaire, sur le superflu, et je voudrais ajouter à la réflexion, pour ne pas passer pour un soixante-huitard attardé, jusqu'où le superflu est-il nécessaire ?
Loin de vouloir vivre comme ces indiens, persuadé que je n'y trouverai pas mon compte, je m'interroge cependant sur le besoin que nous avons de confondre bonheur et possession, bonheur et pouvoir, bonheur et illusion. Car c'est bien dans un monde d'illusionnistes que nous vivons, où plus rien n'est vrai. Nous nous déplaçons dans un décor dont la fragilité même nous échappe, sauf à l'apercevoir par une fissure comme celle qui s'est ouverte dernièrement avec la crise des subprimes.

Une dernière chose qui était très significative chez ces indiens. Il ne connaissaient évidemment pas l'argent et le mot merci n'existe pas dans leur langue. L'activité que l'on mène est tournée vers le groupe, naturellement. Elle est induite par lui, et normalement assumée. Leur société est polygame et polyandre tout à la fois. Çà ressemblerait presque à l'égalité parfaite et harmonieuse.

Allez, faites de beaux rêves. Un jour, nous rirons en regardant un documentaire sur Saint-Tropez et la plage de Pampelonne où sur cinq rangs, des bateaux tous plus gros les uns que les autres passent la journée dans un ennui à faire pleurer un indien Zo'é;

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21 mai 2008

Un discours subversif

On entend, depuis quelques années, un discours qui semble scientifique car il s'appuie sur des chiffres vérifiés. Et ce discours fait son chemin au point qu'il finirait par nous convaincre si nous n'y prenions pas garde. La démonstration part d'un constat simple : la durée de vie s'allonge. Cette incontestable vérité pourrait être l'occasion de se féliciter pour les progrès qu'ont accomplit la médecine, la prévention, l'amélioration des conditions de vie, etc. Au lieu de ça, on nous explique qu'il faudra payer des retraites plus longtemps et que, par conséquent, il faudra travailler et cotiser plus longtemps. Alors instinctivement on se dit qu'en effet, c'est imparable.
Mais qui donc a dit qu'il fallait travailler plus longtemps pour cotiser plus ? Pourquoi est-ce la seule façon de raisonner ?
Alors ne nous laissons pas embarquer dans cette pensée unique et demandons nous plutôt comment mieux répartir les richesses du monde. Et puis je voudrais inviter ceux qui défendent ce genre de propositions à essayer, six mois durant, de passer huit heures par jour, qui à genoux à poser du carrelage, qui recroquevillé sous un évier ou dans une salle de bain à souder des tubes de cuivre, qui debout sur un toit à fixer des poutres ou poser des tuiles, qui avec une tronçonneuse dans une forêt à abattre des arbres. Travailler plus longtemps, faire des journées plus longues, toutes ces formules sont dépassées. Il ne s'agit plus de vouloir produire plus et plus encore, mais bien essayer de trouver comment gérer plus intelligemment ce que nous avons pour en profiter pleinement.
Mais quels sont les besoins réels et indispensables à une population retraitée. Nous retrouvons très vite les essentiels déjà signalés, c'est à dire, outre le logement, une bonne couverture santé et de quoi se nourrir ainsi qu'une possibilité de circuler grâce aux transports en commun. En fait, l'éducation en moins, on retrouve évidemment les mêmes nécessaires investissements que pour le reste de la population. Par conséquent, enfant, travailleur, retraité, tout individu à droit et à besoin des mêmes prestations minimum. Un retraité ne coûte pas plus cher à la société que n'importe quel autre individu, et en tout cas il coûte bien moins cher  que l'ensemble du gâchis constaté partout, que ce soit dans la grande distribution, dans les administrations, dans l'industrie. Chaque secteur d'activité est concerné. On veut nous faire croire qu'un retraité coûte cher, comme on nous explique qu'un travailleur français coûte cher. Et on voudrait qu'il travaille plus longtemps ! Qu'elle drôle d'idée.

C'est bien plutôt de redistribution des profits qu'il faut parler. Et nous ne couperons pas à cette évidente évolution. Le travail sera de plus en plus rare, remplacé qu'il est et qu'il sera par le génie des hommes qui ont inventé des machines pour le faire à leur place.

Carpe diem.

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28 avril 2008

la gratuité fait peur (3)

Le jeu du pilote de ligne.

Ce jeu est amusant car il nous entraîne loin sans pour autant prendre l'avion. Il peut remettre en cause d'une façon diabolique tout ce à quoi nous croyons tenir absolument.

Dans un avion de ligne au départ de Roissy, à destination de Washington, il y a un pilote, un co-pilote, et quelques hôtesses de l'air et steward. Et puis , de l'autre côté du sas, des passagers et, dans les soutes, des bagages et peut-être un peu de fret. Oui mais voilà, nous sommes dans notre monde imaginaire où tous ces gens là ont de quoi se nourrir, se loger, se soigner et s'éduquer sans avoir à sortir de sous de leurs poches. Alors, que font-ils dans cet avion ? Ils y sont à quel titre ?

C'est là que commence l'épluchage. Une fois le ménage fait il ne reste que fort peu de passagers qui se rendent à Washington pour autre chose que pour "faire des affaires". Mais faire des affaires, aujourd'hui, dans notre nouveau système, est-ce que cela a encore un sens ? Est-il bien nécessaire de déplacer des tonnes d'acier au dessus de l'atlantique, de consommer du kérosène si précieux, de polluer à ce point la planète, pour aller tenter de dénicher la perle rare, l'objet dont personne n'a encore besoin ? Qui, disposant de ce nécessaire après lequel nous courons tous, aurait encore envie de subir les affres des décalages horaires. Il y a mieux à faire. Du même coup, cet avion n'a peut-être plus tellement besoin de voler. Et les hôtesses, steward, co-pilote et pilote se trouvent ainsi libérés de cette contrainte. Tous ces gens moins stressés ont désormais du temps pour cultiver leur jardin, peindre, lire, marcher, visiter. Ils sont en meilleure santé, dépensent moins pour se soigner, vivent plus libres.

Les mécaniciens au sol, les employés aux services des bagages, les hommes et les femmes qui s'arrachent les yeux dans les tours de contrôle, les casernes de pompiers sur les dents chaque fois qu'un trafic trop intense augmente le risque de crash; les douaniers, les services de nettoyage, de restauration, de surveillance...

Donc, pour les vols d'agréments et ceux pour convenances personnelles, tout bien calculé, on devrait pouvoir se satisfaire de deux ou trois vols par jour. Ah oui, par jour bien sur, pas par nuit ! C'est quand même bien mieux.  Pensez au bruit,  aux problèmes que cela pose.

Quant à notre pilote qui ne réalise plus qu'un ou deux vols par semaine, il trouve intéressant de s'occuper de ses enfants et de consacrer une partie de son temps libre à l'installation d'éoliennes dans son village pour réduire le nombre de barrages qui interdisent la remontée des poissons dans les deux rivières qui traversent son département.

On peut ainsi tirer longtemps le fil de  la pelote et on voit très vite que la machine ne demande qu'à s'inverser. La même démarche peut être envisagée à partir de n'importe quel autre cas de figure. La perversité du système tient essentiellement à cette obligation que nous avons de "gagner notre vie à tout prix". Cette exigence, entretenue par un système basé sur la génération de profits, dès qu'elle saute, ouvre des perspectives très différentes, beaucoup plus "enrichissantes".

La gratuité fait peur parce que nous ne faisons pas l'effort de voir ce qu'elle offre, trop imprégnés que nous sommes d'une culture de l'argent qui nous amène à considérer qu'il a une valeur intrinsèque, en perdant de vue qu'il fut, qu'il n'aurait jamais dû être autre chose qu'un vulgaire moyen mis en place pour faciliter les échanges.

Mais qui va payer ?
Nous y reviendrons, mais cherchez déjà à mesurer tout ce que l'on économise en ne faisant pas n'importe quoi. L'avenir n'appartient plus à ceux qui se lèvent tôt, mais à ceux qui prennent le temps de déjeuner.

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22 avril 2008

Regarde, il n'y a rien... avoir.

Une route traverse un paysage grandiose fait de champs, de collines. Il y a une rivière aussi, et des troupeaux qui paissent, tandis qu'au loin s'étend, jusqu'à l'horizon, une vaste forêt.
Une voiture luxueuse s'arrête. Un homme en descend. Il est accompagné d'un jeune garçon :
" Regarde, fils. Un jour, tout ça sera à toi."
Un peu plus tard, sur la même route, un homme marche en tenant son fils par la main. Au même endroit il s'arrête et dit :
" Regarde, fils."



(Un petite pensée au goût d'Orient. L'auteur est inconnu... pour l'instant.)

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20 avril 2008

La gratuité fait peur (2)

Et pourtant, l'absolue gratuité n'est ni utopique, ni aberrante.
Instinctivement nous raisonnons en terme de coût pour chacun de nos actes quotidiens, et pour cause. Dans notre quotidien justement, la plupart de ce dont nous avons besoin est payant. De ce fait il devient très difficile d'imaginer le premier pas dans l'autre sens. Il est presque impensable de s'affranchir de ce qui nous régit en permanence, l'argent. Alors...
Plutôt que de raisonner dans notre univers dans lequel nous vivons depuis si longtemps, imaginons, imaginez un seul instant que votre corps ne souffrira pas de la faim et qu'au contraire, il lui sera fourni une nourriture très saine et équilibrée. Que par ailleurs vous serez assurés de vivre à l'abri des intempéries, qu'enfin, vous serez soignés en cas de maladie et que vous serez instruits correctement. Juste un instant, imaginez que ces quatre  besoins sont gratuitement satisfaits et ne vous demandez pas par quel tour de prestidigitation.
Et maintenant, réfléchissez au monde tel qu'il serait. Comment évoluerait-il ? Qu'est-ce qui deviendrait important ? Qu'est-ce qui le serait beaucoup moins ? Qu'est-ce qui paraîtrait dérisoire ?

Ce sont les réponses à ces questions et à bien d'autres qui deviennent intéressantes.

( à suivre )

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06 avril 2008

La gratuité fait peur (1)

La gratuité effraie plus qu'elle n'attire, même si de nombreuses personnes prétendent rêver d'un monde où tout serait gratuit. Notre système éducatif, le monde dans lequel nous vivons, tout nous pousse à considérer ce qui nous entoure comme un produit de consommation qui possède non pas une valeur intrinsèque, mais un prix, une valeur marchande. C'est de cette confusion qu'est née une sorte de réaction instinctive : tout s'achète, tout se vend. Il en résulte immédiatement une autre conséquence : tout ce qui semble gratuit est douteux.
On ne peut cependant pas nier toute pertinence à cette conclusion sévère et brutale tant il est vrai que la gratuité cache souvent des intentions vénales.

(à suivre)

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22 février 2008

Edgar Morin

Il y a une phrase qui est soudain devenue célèbre parce que prononcée par un président de la république en France. Savait-il de quoi il parlait lorsqu'il l'a dite ? Après tout, qu'importe. Cette déclaration a eu le mérite de réveiller l'éditeur d'un petit livre  intitulé "Pour une politique de civilisation", édition arléa, format poche, prix 5€. Si vous voulez comprendre ce que dissimule cette simple phrase, et, par la même occasion, mesurer le décalage entre celui qui l'a écrite et celui qui l'a citée tout récemment, lisez ce livre de 79 pages, écrit avec des mots simples, une syntaxe accessible, et une profondeur extraordinaire.

Edgar Morin y résume ce vers quoi devrait tendre notre société pour que nous y vivions mieux et plus longtemps, dans une plus grande harmonie. Ces idées ne sont pas utopiques, elles sont de simple bon sens, et c'est ce qui les rend tellement fortes.

Juste pour vous donner envie :

Le but de la politique de civilisation est la qualité de la vie, dont la manifestation et le bien-vivre et non le seul bien-être, lequel, réduit à ses conditions matérielles, produit du mal être.

Posté par horusline à 22:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]