On entend, depuis quelques années, un discours qui semble scientifique car il s'appuie sur des chiffres vérifiés. Et ce discours fait son chemin au point qu'il finirait par nous convaincre si nous n'y prenions pas garde. La démonstration part d'un constat simple : la durée de vie s'allonge. Cette incontestable vérité pourrait être l'occasion de se féliciter pour les progrès qu'ont accomplit la médecine, la prévention, l'amélioration des conditions de vie, etc. Au lieu de ça, on nous explique qu'il faudra payer des retraites plus longtemps et que, par conséquent, il faudra travailler et cotiser plus longtemps. Alors instinctivement on se dit qu'en effet, c'est imparable.
Mais qui donc a dit qu'il fallait travailler plus longtemps pour cotiser plus ? Pourquoi est-ce la seule façon de raisonner ?
Alors ne nous laissons pas embarquer dans cette pensée unique et demandons nous plutôt comment mieux répartir les richesses du monde. Et puis je voudrais inviter ceux qui défendent ce genre de propositions à essayer, six mois durant, de passer huit heures par jour, qui à genoux à poser du carrelage, qui recroquevillé sous un évier ou dans une salle de bain à souder des tubes de cuivre, qui debout sur un toit à fixer des poutres ou poser des tuiles, qui avec une tronçonneuse dans une forêt à abattre des arbres. Travailler plus longtemps, faire des journées plus longues, toutes ces formules sont dépassées. Il ne s'agit plus de vouloir produire plus et plus encore, mais bien essayer de trouver comment gérer plus intelligemment ce que nous avons pour en profiter pleinement.
Mais quels sont les besoins réels et indispensables à une population retraitée. Nous retrouvons très vite les essentiels déjà signalés, c'est à dire, outre le logement, une bonne couverture santé et de quoi se nourrir ainsi qu'une possibilité de circuler grâce aux transports en commun. En fait, l'éducation en moins, on retrouve évidemment les mêmes nécessaires investissements que pour le reste de la population. Par conséquent, enfant, travailleur, retraité, tout individu à droit et à besoin des mêmes prestations minimum. Un retraité ne coûte pas plus cher à la société que n'importe quel autre individu, et en tout cas il coûte bien moins cher  que l'ensemble du gâchis constaté partout, que ce soit dans la grande distribution, dans les administrations, dans l'industrie. Chaque secteur d'activité est concerné. On veut nous faire croire qu'un retraité coûte cher, comme on nous explique qu'un travailleur français coûte cher. Et on voudrait qu'il travaille plus longtemps ! Qu'elle drôle d'idée.

C'est bien plutôt de redistribution des profits qu'il faut parler. Et nous ne couperons pas à cette évidente évolution. Le travail sera de plus en plus rare, remplacé qu'il est et qu'il sera par le génie des hommes qui ont inventé des machines pour le faire à leur place.

Carpe diem.