Je viens de suivre l'émission de Nicolas Hulot au cours de laquelle il a rencontré les indiens Zo'é d'Amazonie. Cette tribu encore coupée du monde en 1970 est protégée et continue de vivre à peu près comme à ses origines.

Mais quel rapport avec la gratuité que je préconise comme une solution d'avenir ?

Et bien ce qui m'a particulièrement sidéré, c'est qu'à un moment on apprend que pour vivre, les différents individus de la tribu consacre en moyenne deux heures de leur journée. Le reste du temps ils jouent, pensent, dorment, profite du temps et de leur vie. Immédiatement j'ai fait le rapprochement avec le titre d'un livre éditer au seuil et rédigé par le groupe ADRET et qui s'intitulait justement "Travailler deux heures par jour". Ce livre, déjà à l'époque, jetait les bases d'une réflexion sur le nécessaire, sur le superflu, et je voudrais ajouter à la réflexion, pour ne pas passer pour un soixante-huitard attardé, jusqu'où le superflu est-il nécessaire ?
Loin de vouloir vivre comme ces indiens, persuadé que je n'y trouverai pas mon compte, je m'interroge cependant sur le besoin que nous avons de confondre bonheur et possession, bonheur et pouvoir, bonheur et illusion. Car c'est bien dans un monde d'illusionnistes que nous vivons, où plus rien n'est vrai. Nous nous déplaçons dans un décor dont la fragilité même nous échappe, sauf à l'apercevoir par une fissure comme celle qui s'est ouverte dernièrement avec la crise des subprimes.

Une dernière chose qui était très significative chez ces indiens. Il ne connaissaient évidemment pas l'argent et le mot merci n'existe pas dans leur langue. L'activité que l'on mène est tournée vers le groupe, naturellement. Elle est induite par lui, et normalement assumée. Leur société est polygame et polyandre tout à la fois. Çà ressemblerait presque à l'égalité parfaite et harmonieuse.

Allez, faites de beaux rêves. Un jour, nous rirons en regardant un documentaire sur Saint-Tropez et la plage de Pampelonne où sur cinq rangs, des bateaux tous plus gros les uns que les autres passent la journée dans un ennui à faire pleurer un indien Zo'é;